Vénusia avait été envoyées par son chef de direction pour réaliser un reportage sur les poètes actuels. Il se réunissaient tous les samedis soirs dans un café du Marais pour y déclamer leurs vers.
C'était son premier reportage, agée de vingt-un ans, elle n'avait pas encore l'assurance d'une professionnelle. Depuis son enfance, elle revait de rencontrer des personnes différentes et de découvrir le monde sous ses aspects mutiples. C'était pour cela qu'elle avait choisi ce métier.
En poussant la porte du café, elle fut immédiatement attiree par un groupe assis dans un coin isole perdu au milieu de la fumee des cigarettes. Ils etaient une dizaine d'hommes de differents ages. Certains semblaient a l'automne de leur vie alors que d'autres auraient pu etre son grand-frere. En s'approchant, Venusia fut aussitot seduite par le calme que degageait l'un entre eux et qui contrastait avec la discussion animee que ce groupe menait. Il semblait avoir le meme age qu'elle. Trop jeune pour etre poete, se dit-elle interieurement. Elle pensa aussitot a Rimbautl qui avait commence bien plus jeune. Ce poete avait l'air triste et le noir de ses vetements ne faisait qu'accentuer cette melancolie qui se degageait de lui. Il etait assis le regard dans le vague, perdu dans ses pensees, faisant semblant d'ecouter les autres. Sans doute qu'il etait entrain de reflechir a un nouveau poeme, pensa-t-elle.
A l'appel de son nom, Hades se leva pour declamer une nouvelle oeuvre. Elle ecouta avec une attention particuliere, affrayee par toutes ses phrases si belles mais si sombres. C'etait a milles lieues de son univers. Mais cela le rendait irrsistible et mysterieux. Elle voulait a tout prix lui parler et en savoir plus sur lui.
A la fin de cette soiree, ils se donnerent rendez-vous pour le lendemain matin.
Vers dix heures du matin, elle se trouvait devant un vieil immeuble de Montmatre. Il habitait au troisieme etage, elle s'y rendit rapidement, impatiente de decouvrir le refuge de cet homme si secret.
En rentrant dans l'appartement, elle fut troublee par cette omnipresence du noir. Tous les murs etaient noirs recouverts d'une multiple de photos. Une froide atmosphere de solitude s'y degageait.
Elle observa Hades avec attention. C'etait un jeune homme qui avait garde cette innocence infantile, ses traits etaitent tres fins ce qui lui donnait un visage d'ange. Sa peau blanche contrastait avec la noirceur qui entourait ses yeux noisettes. Ses habits serrres accentuaient sa minceur juvenile. Cela la troublait profondement.
Au bout d'une heure d'observation et de discussion, elle en savait assez pour pouvoir dire qu'ils etaient totalement opposes. Elle avait vu et compris qu'Hades etait un pessimiste, peut etre meme un suicidaire. Son gout pour la musique romantique et notamment Chopin ne faisait qu'accentuer son cote taciturne. Toujours replie sur lui-meme, il paraissait calme comme s'il attendait inelutablement le jour ou la mort lui tendrait la main.
Elle, toujours rayonnante, profitait de chaque seconde de la vie, etrangere a toute idee obscure. Elle etait en quelque sorte tres immature.
... Les jours passerent,
Apres le printemps, vint l'ete puis l'automne,
De se voir, ils continuerent,
Des premieres mots d'amour ils s'echangerent,
Des premiers disputes arriverent,
L'amour grandit...
...De leur trop grande difference
Naquit l'incomprehension,
Meme si leur amour etait bien reel,
Le montrer n'etait pas chose aisee,
Le mal-etre s'installa,
Soumit par une passion devorante,
Perdu dans ses problemes d'existence,
La luicidite s'envola progressivenement,
La vie n'avait plus aucun sens...
C'etait une nuit d'orage, les eclairs percaient le ciel noir. La pluie tombait fortement comme son coeur qui pleurait toute sa tristesse. Apres une course sans but sans les rues de Paris, ses pas l'emmenerent inconsciemment vers cet immeuble. Il gravit les escaliers lentement. Chaque marche lui rappelait les moments precieux qu'il avait eu avec elle. Plus il montait vers le dernier etage, plus la vie lui parassait legere. Toute la noiceur qu'il avait en lui semblait s'eclaircir pour laiser place a une paix interieure. Il voulait s'envoler et partir loin de ce monde ou le bonheur etait inaccessible. Toute sa vie, il avait pleure mais a sa mort, il pourrait enfin sourire.
Un pied dans le vide, les cheveux mouilles par la pluies, le vent fouaitait son visage emmenant avec lui son ame. De la haut, il voyait tous ses petites gens qui restaient enfermer dans ce grand monde si injuste mais so miniscule parfois et beau pour lui faire rencontrer Venusia. Venusia, une fille tellement extraordinaire, il ne la meritait pas. Il voulait lui laisser continuer sa vie sans problemes qu'elle menait avant leur rencontre. Il partirait sans un mot d'adieu, esperant qu'elle l'oublierait.
Il etait pret a sauter quand une main l'attrapa et le fit tomber en arriere. Tout se passait si vite qu'il mit un moment pour comprendre. Venusia cria “je t'aime” et glissa de la rembarde. Elles chuta du haut de l' immeuble alors qu'elle etait la pour le sauver.Ses derniers mots furent des mots d'amour pour Hades. Sa vie s'etait arretait par l'amour pour lui...
Il aimait la mort,
Deux etres aux vies paralleles,
Aux univers opposes.
Un jour leur destin s'est crois,.
Un printemps quand ils se sont rencontres.
Mais l'hiver tout a bascule,
L'amour s'en est mele,
De la vie leur vision a change.
Elle qui aimait la vie
Lui qui aimait la mort.
Elle est morte pour lui.
Il vivra pour elle.

